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A la découverte de Mme Sogbadji Marcelline née Eky : Une femme entrepreneure hors du commun

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Il y a des parcours de vie qui impressionnent et celui de Marcelline Eky Sogbadji est un de ceux-là. Analphabète, elle a su vite prendre son destin en main en profitant de la belle opportunité que la vie lui a offerte. La fabrication de bonbons, un secteur très peu connu au Bénin.

De l’énergie à revendre, du courage à donner et un exemple à suivre, Marcelline Eky mérite largement sa place parmi les femmes entrepreneures. Elle est née avec des idées et sa capacité à se renouveler l’a menée dans de merveilleuses expériences qu’elle nous fait partager. Déjà à l’entrée en entreprise, on est accueilli par une délicieuse odeur de bonbons, et une femme au sourire généreux, Marcelline Eky, 50 ans, nous fait visiter sa confiserie sise à Gbodjè dans la commune d’Abomey-Calavi, ouverte depuis environ vingt ans. Une entreprise originale à plus d’un titre parce qu’elle est l’une des rares dans la zone. N’ayant pas eu la chance d’être scolarisée, elle s’est donc lancée seule dans cette aventure hors du commun: la fabrication de bonbons. Seule, mais pas sans expérience, car très tôt dans ses plus jeunes âges, Marcelline Eky a vu faire. Née à Djakotomey dans le Couffo, cette femme à l’allure des amazones de l’ancien Dahomey, arrivée à Cotonou, a observé le travail de sa tante à Djidjê. « Je l’ai apprise auprès de ma tante pendant deux ans » dit-elle, pour signifier que la fabrication de bonbons nécessite un savoir-faire en la matière. Un savoir-faire qui fait d’elle une femme entrepreneure épanouie  parce qu’en dépit de son train de vie aisée, elle sort du lot des femmes qui affichent une absolue dépendance vis-à-vis de leur mari. « C’est le seul métier que j’exerce et c’est grâce à cela que j’ai acheté des parcelles et construites et que mes deux enfants sont instruits » confie-t-elle d’un air fier. Pour élargir son entreprise et répondre aux demandes de  bonbons sur le marché, Mme Sogbadji  a recours  à environ une dizaine de personnes qui l’aident pour les tâches quotidiennes. « J’ai huit enfants placés communément appelés vidomègon avec moi a déclaré Mme Marcelline. En plus de ce nombre, la confiseuse emploie parfois d’autres personnes et leur paie le travail journalier. « Vu que mes clients sont répandus un peu partout à Tokpa, dans le couffo, à Parakou, dans le mono, au Nigeria et à Lomé, j’emploie aussi des personnes pour nous aider en fonction de la commande » a-t-elle ajouté.

Les difficultés de femme entrepreneure

Tous les jours, une femme doit souvent assumer plusieurs rôles à la fois: épouse-mère et travailleuse. Difficile de se consacrer pleinement à ces différents aspects de la vie et de trouver le juste équilibre pour s’épanouir. « Je me lève à cinq heures du matin et je parle avec mes enfants. Ensemble nous organisons la journée et déjà à sept heures je viens dans mon entreprise pour le travail. » s’exprime Mme Marcelline Eky. Autrement dit, il faut être la première à se lever et aussi la dernière à se coucher. Une situation qui demande de surinvestir et faire preuve de beaucoup d’abnégation. En outre, les femmes entrepreneures se retrouvent confrontées à un univers d’hommes parfois peu désireux de leur accorder leur confiance. Ainsi elles font  objet de brimades de la part de leur partenaire ou encore de toute autre personne. Marcelline Eky ne fait pas exception. « Quand l’entreprise a commencé à prospérer, raconte-t-elle, mon mari était très jaloux. Surtout quand j’ai acheté ma première parcelle, il s’est fâché et a exigé que les papiers soient faits en son nom. Bien évidemment, j’ai refusé et cela a été objet de dispute pendant un bon moment. Finalement nos familles sont intervenues et j’ai récupéré ce qui est à moi.  » Entreprendre peut alors s’avérer plus difficile pour une femme qui devra lutter contre les préjugés et peut-être, s’affirmer avec davantage de force qu’un homme. Parfois seules celles qui ont un courage de fer arrivent à tenir le coup et réaliser leur rêve. Autant les difficultés sont nombreuses pour freiner l’épanouissement de la gent féminine. Marcelline Eky a mené le bon combat et s’en est sortie gagnante. « Mon mari s’est révolté une deuxième fois et m’a demandé de cesser la préparation de bonbons. Il a avancé comme argument que c’est parce que je suis toujours au milieu du feu que je n’arrive pas à concevoir. Du coup j’ai mis fin à mes activités deux ans durant. Malheureusement je n’ai pas pu avoir d’autres enfants et j’ai repris mon boulot. » Ajoute la confiseuse avec un ouf de soulagement.

Quelques conseils de Mme Sogbadji

Avec ce parcours séduisant, Mme Sogbadji exhorte les femmes à bien mener le combat quotidien qui est le leur. « Je voudrais dire aux jeunes filles que l’effort précède la gloire, affirme-t-elle à cet effet. Il est donc clair que l’autonomisation des femmes est la voie la plus sûre vers leur épanouissement. Ainsi Marcelline Eky déplore la dépendance de certaines femmes vis-à-vis de leur conjoint. Toute chose qui pourrait être source de séparation dans les foyers. « C’est dommage que les jeunes filles d’aujourd’hui ne veulent plus se battre pour avoir une activité sous la main. Elles aiment faire « madame salon » ce qui ne rapporte finalement rien. D’où les disputes et elles finissent par quitter leur ménage. Alors qu’il aurait fallu qu’elles se battent pour leur indépendance financière et moins elles auraient de difficultés dans leurs foyers », conseille Mme Marcelline Eky pour finir.

Eliane Fatchina

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