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À la découverte d’un patron de salon de tresse-coiffure à Agla : Adolphe Toudonou Monda n’échappe pas à son destin et inverse les tendances

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Autant il n’y a point de métier exclusivement réservé aux hommes, autant il n’y en a typiquement consacré aux femmes; le monde étant en perpétuelle mutation. Adolphe Toudonou Monda est patron d’un salon de tresse-coiffure à Agla, un métier qu’il exerce depuis 1997.

Adolpho Tresse-coiffure, situé à Agla non loin de la mosquée est spécialisé dans les tresses de tous genres, coiffure homme-dame, make-up, décoration, onglerie et nouage de foulard. Un salon de beauté dont généralement seules les femmes sont tenancières. Pourtant qui pourrait croire que le propriétaire de ce grand atelier est un homme, Adolphe Toudonou Monda. Âgé de 45ans, d’une taille d’1m74, il a su inverser la tendance et révéler son talent aux populations de Cotonou et environs. Son savoir-faire, un don de Dieu. « Depuis que j’étais petit, je m’intéressais à tout ce qui concerne la tresse-coiffure. Au collège c’est moi qui tressais les filles lors des journées culturelles » affirme monsieur Monda en racontant son histoire. Son talent ainsi très tôt détecté, le motiva à abandonner les bancs en classe de 5è puis à vouloir se consacrer à l’apprentissage de la tresse. Mais ce désir n’a pas été la volonté de son père qui lui imposa la couture. Et puisqu’on dit exécution avant réclamation, le jeune Adolphe obéit à son papa et apprit la couture jusqu’à la libération qui par la suite se lancer dans l’apprentissage de la tresse; combinant donc les deux activités. Au bout de deux ans, il pouvait faire n’importe quelle tresse et défiait tous ces collègues. Dans son salon, une partie était consacrée à la tresse et une autre à la couture. Mais le destin aidant, la tresse prit le dessus avec petit à petit la disparition de la couture. Ce qui fait finalement de lui un homme qui tresse les femmes, chose très rare au Bénin. Au fil des années, il reçut d’autres formations typiquement féminines et élargit son salon avec à la clé le make-up, la coiffure homme, la décoration, l’onglerie et le nouage de foulard. Grâce à son savoir-faire et son professionnalisme, il est chargé à la formation au sein de l’Association des Coiffeurs Professionnels de la Commune de Cotonou (Acpcc). Une association qui regroupe les maîtresses coiffeuses, les maîtres coiffeurs et autres. Marié et père de trois enfants, monsieur Monda Adolphe a érigé un autre salon de beauté en plein cœur du marché de Cococodji. Un centre dont il a confié la gérance à son épouse, celle-ci étant aussi coiffeuse et dans lequel lui-même ne vient tresser les clientes que sur rendez-vous. Son courage et sa détermination démontrent de ce que nul ne peut échapper à son destin. À ce jour, exactement vingt-deux apprentis, tous les sexes confondus sont à sa charge pour le compte de ses deux salons avec déjà au moins une cinquantaine libérée.

Surpasser les critiques

Dans une société où les activités génératrices de revenus sont exercées en fonction du sexe de l’individu, ceux qui osent changer la donne et inverser les tendances sont souvent sujettes à des stigmates. Adolphe Monda est l’un de ceux qui sont classés dans le rang des homosexuels pour avoir choisi la tresse-coiffure comme métier. « C’est un pédé, un homosexuel sinon un homme normal n’oserait pas exercer un métier féminin comme lui » nous a-t-il confié avec un air souriant. Autant de propos dont on qualifie le coiffeur mais qui n’ébranle en rien son élan et sa volonté d’aller loin dans sa carrière. « Puisque c’est ma vocation, ces critiques ne m’émeuvent même pas, j’en suis très fier et je m’en fiche royalement » a laissé entendre le décorateur. Par ailleurs, ce métier dit de femme qu’exerce monsieur Monda depuis vingt-quatre ans est la source de son train de vie aisé qui n’a rien à envier à celui d’un fonctionnaire d’État. « Tout ce qu’un homme « normal » peut avoir grâce à son travail, je les ai et ce dans la tresse-coiffure » rassure-t-il en effet. Femme et enfants toujours aux bons soins. Avec trois parcelles déjà construites, une moto, une grosse caisse et bien d’autres biens matériels, le coiffeur n’a nul regret pour avoir embrassé un secteur d’activité propre aux femmes. Bien au contraire, il convie les parents et les jeunes à ne pas hésiter.

 L’invite de Adolphe Monda

« Aux parents je voudrais demander de laisser les enfants révéler leur talent et réaliser leur rêve. Ne leur imposez pas votre volonté mais laissez-les suivre leur propre destin. Dès le bas âge, les enfants développent les aptitudes, des compétences pour tel ou tel domaine alors je vous prie de les accompagner en fonction. Si je devais me résoudre aux conseils de mon père, je courrais aujourd’hui à la perte parce que j’ai bien appris la couture qu’il m’a imposé mais je n’en ai pas bénéficié puisque ce n’est pas ma vocation. Aux enfants je conseillerais qu’il n’y a aucun métier spécifique pour tel ou tel sexe. Tous les secteurs d’activités sont autant pour les femmes que pour les hommes. Et si votre vocation est de bouleverser l’ordre des choses comme moi, n’hésitez pas, faites très bien ce qui est de votre devoir et soyez en fier », conclut-il.

Réalisé par Eliane FACHINA

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