Home A LA UNE Réalisation de l’inventaire général du patrimoine du Bénin : L’Epa abrite un...

Réalisation de l’inventaire général du patrimoine du Bénin : L’Epa abrite un atelier pour clarifier les concepts et les définitions typologiques

- Advertisement -

Le gouvernement du président Talon a confié à l’Ecole du Patrimoine Africain basée à Porto-Novo  la lourde tâche d’assurer la réussite de l’un de ses projets phares à savoir l’inventaire général du patrimoine du Bénin. En prélude à la réalisation de ce projet, un atelier de clarification conceptuelle et de définitions des typologies a été organisé hier mardi 27 octobre 2020 à Porto-Novo. La cérémonie  d’ouverture dudit atelier a été présidée par le Ministre Jean-Michel Abimbola en charge de la culture. Il avait à ses côtés le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi et plusieurs autres personnalités.

El-Hadj Affissou Anonrin

Selon le Dr. Franck Ogou, Directeur de l’Ecole du patrimoine Africain, l’organisation de cet atelier qui bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, notamment l’Agence nationale de promotion des patrimoines et du développement du tourisme puis du Ministre en charge de la culture et des arts est important en ce sens qu’il donnera l’occasion à chaque participant de donner ses idées et sa compréhension du patrimoine. « De même, cet atelier devra aborder la question délicate et complexe de la typologie des patrimoines, c’est-à-dire les catégories à retenir pour l’inventaire », a-t-il ajouté. « Nous sommes donc ici pour réfléchir, travailler et sortir des idées qui devront nous guider tout au long du chemin qui devra conduire à la réalisation de l’inventaire dont les objectifs spécifiques sont : développer une base de données libre d’accès (free access) renseignant sur les patrimoines des 77 communes du territoire national ; réaliser une carte générale du patrimoine national qui présente les biens matériels et immatériels recensés ainsi que leurs zones géographiques sur le plan national, régional et local en lieu et place; assister le Mtca dans l’élaboration du cadre de protection et de gestion du patrimoine national inventorié ; proposer des mesures à prendre pour une protection renforcée et une meilleure valorisation du patrimoine inventorié ; concevoir un projet de mise en valeur d’un bien ou du patrimoine d’une(e) région, département ou commune sélectionné (e) », a-t-il dit par ailleurs.

Diagnostic franc et sincère

Pour attester de la nécessité de l’organisation de cet atelier et de l’inventaire du patrimoine culturel national qui va suivre, le Dr. Franck Ogou a posé un diagnostic franc qui a mis tout le monde d’accord, y compris le Ministre Abimbola. « Le Bénin ne dispose pas de base de données précise et connue sur son histoire, ses langues, sa littérature orale, ses pratiques religieuses et autres valeurs traditionnelles. L’existence depuis plus de vingt ans d’une direction spécialisée au sein des divers ministères chargés de la culture n’a rien arrangé, en raison du statut peu confortable de cette institution, de l’instabilité de son personnel, mais aussi du peu d’attention dont bénéficie la culture au sein des instances nationales de décision. Ainsi, le Bénin ne connaît ni l’ampleur, ni l’état exact de son patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel, ou naturel à caractère culturel. Cet état des choses expose les valeurs culturelles de notre pays à toutes sortes de transformations, et même de disparition. Ces menaces sont encore accentuées par les nouvelles technologies dont la pression entraîne constamment la perte de l’héritage culturel légué à notre génération par celle du passé. Laisser une telle situation perdurer conduirait d’emblée à la perte de nos repères identitaires : nos mœurs, nos chants, nos religions, notre architecture  traditionnelle, nos fêtes, nos valeurs linguistiques, nos sciences et technologies etc. », a dit Franck Ogou. « C’est donc face à ce tableau aussi critique, qu’il était devenu nécessaire, sinon urgent, d’agir, de transcender les discours élogieux pour poser les bases concrètes d’une véritable politique de recherches sur les valeurs culturelles nationales et d’inventaire de leurs composantes les plus représentatives », a-t-il poursuivi. Pour le Directeur de l’Etat qui s’est dit très heureux que le gouvernement du Président patrice Talon ait vite saisi le danger qui guettait le Bénin, « L’inventaire est nécessaire pour la gestion (identification, protection et mise en valeur) des biens culturels et leur mise en valeur car elle permet surtout et efficacement : d’établir une preuve de propriété ; de localiser un bien spécifique ; de connaître approximativement le nombre de biens ou d’éléments du pays ; de relier les informations à un bien ou élément ; de contribuer à la sécurité des biens ; de planifier la conservation préventive, la protection juridique et la valorisation ».

« Les ambitions du gouvernement pour la culture sont claires et les attentes du tourisme pour ce secteur sont grandes. C’est pourquoi, les moyens nécessaires ont été mobilisés pour confier cette activité à une école reconnue pour sa technicité et dont les références professionnelles forcent le respect, je veux nommer l’Ecole du patrimoine africain (Epa). Il me semble utile de préciser que ce travail sera conduit en étroite collaboration avec les services techniques du ministère en charge de la culture, notamment la Direction du Patrimoine Culturel (Dpc) et de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt) », a dit pour sa part le Ministre Jean-Michel Abimbola. « En réalisant cette activité importante et déterminante pour sa marche vers le développement intégral de son territoire, notre pays entend mettre à la disposition des décideurs, chercheurs, visiteurs, apprenants et autres apprenants, un document de référence portant inventaire de son patrimoine culturel dans ses dimensions matérielles, immatérielles et naturelles. L’inventaire, vous vous en doutez, est un outil précieux. Non seulement il permettra de présenter l’étendue et la beauté de nos potentialités culturelles, mais il mettra aussi à disposition un outil important de planification et de décision », a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs profité de l’occasion qui lui a été offerte pour appeler les participants à plus de sérieux, de conscience, de rigueur scientifique tout au long de cet atelier comme pendant l’opération d’inventaire.

 D’une pierre deux coups

La cérémonie d’ouverture de l’atelier de clarification conceptuelle et de définition des typologies dans le cadre de la réalisation de l’inventaire général du patrimoine du Bénin organisé par l’Ecole du patrimoine africain et ses partenaires a été doublée du lancement officielle de la rentrée académique 2020-2021 dans cette école de formation rattachée à l’Université d’Abomey-Calavi. La présence du Recteur Maxime Da Cruz aux côtés du Ministre Jean-Michel Abimbola a donné un cachet très solennel à cette rentrée académique. Créée il y a neuf ans, l’École du Patrimoine africain (Épa) s’est imposée comme un pôle d’excellence dans la formation et la structuration des professionnels des musées en Afrique. Aujourd’hui, son rayonnement est international. En partenariat avec des institutions de grande renommée, l’Épa a développé des programmes innovants en termes d’approche et d’adaptation du contenu aux réalités africaines. Depuis janvier 2019, l’Ecole du Patrimoine Africain (Epa) a initié une Licence Professionnelle en Gestion du Patrimoine à Porto-Novo. La première promotion sera lancée sur le marché du travail l’année prochaine.

El-Hadj Affissou Anonrin

- Advertisement -

Stay Connected

16,985FansLike
2,458FollowersFollow
61,453SubscribersSubscribe

Must Read

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles similaires